
La
petite tortue est un papillon coloré. Il y a une dizaine d'années
il était commun et répandu. Aujourd'hui il semble en régression
en Angleterre et dans un large ouest de la France. Plusieurs causes ont été
évoquées pour expliquer cette raréfaction. Pêle
mêle, on cite le réchauffement climatique, la fermeture des lieux
d'hivernation, les insecticides, une mouche parasitoïde (Sturmia bella)
mais sans preuves scientifiques réellement étayées.

Les
couleurs vives de la petite tortue en font un papillon facile à identifier.
Si l'orange domine, les bords inférieurs des ailes sont festonnés
de petites taches bleues cernées de noir. Le revers des ailes est beaucoup
plus terne. Le mâle et la femelle sont identiques. En ville, il fréquente
les massifs de buddleias.

La
petite tortue partage sa plante hôte qu'est l'ortie avec le paon du
jour. La ponte est déposée sur la face inférieure des
feuilles. Les œufs sont des petits "tonnelets" vert foncé.
La dernière génération de petite tortue a la particularité
d'hiverner dans les endroits non chauffés. Elle réapparaît,
dès les premiers beaux jours, au printemps. Il y a deux générations
par an, parfois trois.

Le nom "petite tortue" est bien mystérieux. Bien difficile
d'imaginer un lien entre la tortue et sa carapace et notre papillon... Nos
voisins anglais l'appellent "small tortoiseshell", ce qui
peut se traduire par petite écaille de tortue... Tiens, toujours la
tortue... Quant aux voisins allemands, ils s'inspirent de la couleur des ailes
et dénomment ce papillon "Kleine Fuchs", c'est-à-dire
petit renard. Son nom scientifique est plus clairement évocateur. Aglais
fait référence à Aglaé, l'une des trois grâces
de la mythologie grecque. Représentant la beauté dans ce qu'elle
a d'éblouissant, Aglaé est la messagère d'Aphrodite,
déesse de la beauté. Urticae renvoie à la plante hôte
: l'ortie.
en savoir plus :
Insectes, n°152, Vincent Albouy, 2009.
La virgule, n°2, 2011, bulletin de liaison sur les insectes et autres
vertébrés du Poitou Charente.